La possibilité d'un paysage #2
2024
Il y a deux cent cinquante ans, on luttait contre une poignée d’hommes. Le sentier du littoral était créé pour contrer les trafics des contrebandiers.
Aujourd’hui, le danger est tout autre. La côte demeure tout aussi fragile, mais la responsabilité est désormais collective, et d’une nature différente.
La notion de vulnérabilité a été définie il y a plus de vingt ans par des experts du climat.
Lorsque je suis retournée dans les paysages de mon adolescence, je me suis étonnée de leur apparente permanence : l’escalier en bois a été refait, une clôture empêche désormais la traversée des dunes, la clairière semble plus touffue.
J’ai photographié ces paysages en adoptant une posture documentaire.
Puis j’ai opéré de discrètes transformations, les projetant dans des devenirs possibles. Ces recompositions invitent le spectateur à porter un regard attentif et à en déceler les déplacements.
Dès lors, comment, dans une seule image, exprimer des temporalités multiples, des sentiments mêlés, une forme d’ambivalence ? Comment y aborder la complexité des mémoires, des changements passés et à venir, ainsi que l’incertitude de l’avenir ?
Réalité et fiction se côtoient, à l’image des souvenirs que le temps transforme et des projections vers des futurs possibles.














































